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La leçon du grand maître


Bacrot n'a pas eu à forcer son talent pour venir à bout de 26 adversaires. (Photo DNA)
Étienne Bacrot n'a pas fait de détails. Dans une simultanée, face à 26 joueurs de la grande région, il a donné toute la mesure de son talent en remportant toutes les parties en un peu moins de deux heures.
Pas même une partie nulle ! Le grand maître international (GMI) 8e joueur mondial en 2005/ 2006 qui s'offre un classement de 2 714 Elo (*), n'a laissé aucun espoir à ses adversaires. Certains sont pourtant des joueurs aguerris, rompus aux parties de haut niveau puisqu'ils pratiquent ou pratiquaient en Nationale II tricolore ou en division nationale allemande.
 Cet exercice auquel le GMI se prête une à deux fois par an, essentiellement à l'étranger, ne présente pas de difficultés majeures, selon Étienne Bacrot. « Trois ou quatre parties étaient plus compliquées, a-t-il avoué après sa démonstration. J'ai aussi eu un peu de chance, mais dans l'ensemble je n'ai pas rencontré de problème insoluble ».

Il a remporté le tournoi
le plus difficile
de la planète


 A 27 ans, le grand espoir français pratique le jeu des rois depuis plus de 20 ans. « J'ai démarré à quatre ans», a-t-il expliqué lors d'une séance de questions réponses avec les joueurs locaux et les jeunes de l'école d'échecs de la ville auxquels il a vivement conseillé de s'entraîner un maximum.
 A raison de plusieurs heures de travail quotidien, celui qui avait sans doute des prédispositions pour cette discipline, est devenu champion du monde dans différentes catégories de jeunes. Son dernier coup d'éclat remonte à 2009 lorsqu'il a remporté l'Open d'Aéroflot à Moscou, réputé le tournoi le plus difficile de la planète. Actuellement, il est classé 26e mondial mais compte bien revenir dans le Top 10. Le champion qui joue pour les clubs de Marseille et de Baden-Baden exerce le plus souvent son métier hors des frontières hexagonales et surtout dans les pays de l'ex-bloc soviétique.

Le Savernois
Mickael Pouchon
termine deuxième


 En fin d'après-midi, Bacrot a commenté, en appui d'une projection sur grand écran, plusieurs de ses parties mémorables, évoqué les stratégies envisagées dans le cadre de la préparation. Cette dernière reste la clé lorsque l'on dispute des parties contre les meilleurs.
 Trois à quatre semaines sont nécessaires pour peaufiner son analyse selon les ouvertures et décider de joueur un coup plutôt qu'un autre. L'ennui, c'est que les adversaires font la même chose, c'est à dire que l'équilibre est maintenu. Dans ces cas-là, la théorie est généralement applicable mais l'imagination permet parfois de faire la différence.
 La veille, le 14e mémorial Fabing, grand prix de la ville de Sarreguemines, avait vu la victoire pour la seconde année consécutive du Forbachois Slim Belkhodja (2 410 Elo), le joueur le mieux classé, avec 7 points sur 7. La hiérarchie a donc été respectée.
 Le Savernois Mickael Pouchon (2 000 Elo) termine deuxième avec 5,5 points, à égalité avec le Sarregueminois Ludovic Marchal (1 810 Elo). Près de 70 joueurs ont participé à cet open qui se déroulait pour la première fois un samedi. Le week-end était placé sous le signe du 90 e anniversaire du cercle d'échecs de Sarreguemines, l'un des plus anciens clubs de la ville et du département.


J-L.W.
(*) Elo, mesure qui permet de classer les joueurs selon leurs niveaux. Un joueur débutant démarre à 1 000 Elo, les bons joueurs se situent entre 1 700 et 2 000 Elo. Au-delà, c'est le règne des champions.


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